PHILOSOPHIE GOETHEENNE
- Introduction
- Partie I
- Partie II
- Partie III
- Conclusion

SENS DE L'ESPACE

DE LA COULEUR


PHILOSOPHIE ET SCIENCE DE LA NATURE CHEZ GOETHE

MISE EN PERSPECTIVE A L'ERE DE LA PHYSIQUE MATHEMATIQUE

INTRODUCTION

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« Vous êtes un homme ! »

 

C’est par ces mots que Napoléon, vainqueur des Prussiens, accueille Goethe le 2 octobre 1808 à Erfurt [3] .

 

 Goethe n’est sans doute pas seulement le dernier en date de ces génies de la totalité nés avec la Renaissance. Il est aussi celui qui incarne la volonté de voir confluer tous les champs de la culture et de la connaissance artistique, scientifique ou philosophique à l’aube du XIXème siècle. Le poète dont la personnalité a dominé pendant près de cinquante années la vie littéraire et culturelle allemande, et qui ne cessa au cours de ses quatre-vingt trois années d’existence d’observer, de penser, et de créer, s’est forgé une statue de pontife du savoir en une œuvre de près de cent quarante volumes [4] qui couvre des écrits en tous genres : poésie, roman, théâtre, critique, lettres, journaux… et écrits scientifiques…

 

Or il est courant d’entendre ou de lire que Goethe était d’autant plus dénué de sens scientifique qu’il était un poète de génie. Il serait donc impossible de s’appuyer sur lui pour élaborer un point de vue scientifique ou philosophique d’une valeur autre qu’historique ou biographique. Autant est-on en effet et plus généralement prêt à admettre qu’un génie des sciences puisse se révéler par ailleurs un bon écrivain ou poète, autant l’idée qu’un homme qui aurait fait profession des belles lettres puisse simultanément avoir mener une démarche réellement scientifique dans des champs aussi divers que la botanique, la géologie ou l’optique, et de surcroît avoir pleinement participer au développement de ces domaines, semble déranger et apparaître d’emblée peu crédible.

 

L’étudiant qui souhaite approfondir sa compréhension de la philosophie et de la science du plus célèbre poète allemand, doit rapidement tempérer son élan. Car, au-delà du fait que nombre de ses travaux essentiels ne sont pas encore traduits en langue française [5] , il devra commencer par prendre conscience de trois écueils spécifiques, susceptibles de contrecarrer ou de complexifier ses recherches.

 

En premier lieu, ainsi que l’a déjà fait remarquer Todorov, le lecteur d’aujourd’hui s’est tellement accoutumé, avant même d’avoir consulté l’ensemble de ses œuvres majeures, à l’idée commune que Goethe était a priori une espèce d’olympien, un être d’exception, un visionnaire dont la sagesse ne devrait avoir d’égal que la grandeur d’âme, qu’il juge au final ses écrits un peu naïfs, sa pensée et son style consensuels, ampoulés, dépassés, voire antipathiques. L’attitude pontifiante, voire quelque fois condescendante du poète qui heurte souvent notre conviction très actuelle que grandeur et humilité doivent nécessairement aller de paire, son manque apparent de générosité et de sollicitude à l’égard de ses contemporains, adossés au caractère profondément lisse, parfait, monumental, nous pourrions écrire invulnérable, de son œuvre, ne pousse effectivement pas dans le sens d’une manifestation spontanée de sympathie. Quelle est donc la cause de ce sentiment de décalage, de cette inadéquation si évidente entre le « sage de Weimar » et notre époque ?

 

La réponse réside certainement en grande partie dans le fait que les jugements et écrits de Goethe s’inscrivaient profondément dans le moment néo-classique initié par Winckelmann. Or c’est là un système que nous ne partageons plus : depuis deux siècles, il semble que nous n’ayons fait qu’adhérer de plus en plus aux valeurs et idées auxquelles Goethe n’avait cessé de s’opposer dans sa maturité. Bien qu’il ait lui-même par son Werther initié ce mouvement, le Goethe « renaissant » postérieur à sa redécouverte de l’art de la Renaissance italienne, devient hostile au romantisme. On retient ainsi cet aphorisme célèbre souvent sorti de son contexte :

 

« J’appelle classique ce qui est sain, et romantique ce qui est malade [6] . »

 

Mais nous-mêmes vivons précisément sans toujours en avoir la claire conscience dans un monde, où les valeurs romantiques se sont largement imposées. Sans caricaturer outrageusement notre société moderne, les préceptes d’exacerbation de l’individualisme, de libération des instincts, de dépassement de soi semblent s’imposer dans les communications et comportements les plus quotidiens ; on ne semble jurer que par le sublime et le génie, jusqu’à même éprouver une certaine fascination pour la décadence et la folie, alors qu’il n’y avait pour Goethe de valeurs supérieures à la sagesse, à la modération, à l’harmonie et à l’équilibre.

 

En second lieu, le fait est que Goethe n’était pas un philosophe au sens courant du terme ; il n’avait pas vraiment le goût de la pensée conceptuelle ou systématique. Ceci est d’autant plus remarquable que nous sommes inévitablement portés à le comparer à ses contemporains et que Goethe a partagé son époque avec quelques-uns uns des plus grands philosophes de la modernité: de Kant à Hegel en passant par Fichte et Schelling. Même les écrivains et poètes de cette époque, qu’il a largement fréquenté, les Herder, Schiller, Hölderlin, Schlegel, Novalis manifestaient une passion philosophique autrement plus développée que celle de Goethe, et se plaisaient à bâtir des systèmes esthétiques ou éthiques plus ou moins évolués. Goethe, pour ce qui le concerne, si l’on excepte justement la pensée qui apparaît en filigrane de quelques-uns de ses travaux de savant ou de naturaliste (je pense surtout à la Métamorphose des Plantes et à la monumentale Farbenlehre, son Traité des couleurs), semble davantage s’investir dans des comptes-rendus de lecture d’ouvrages d’autrui ou dans des réflexions chaotiques, contradictoires, rarement organisées ou achevées.

 

Mais là réside précisément l’une des caractéristiques principales de la pensée de Goethe, l’une des spécificités qui tendent à le distinguer des poètes de son époque, pour la plupart également fascinés par la Naturphilosophie romantique. Goethe affichera au contraire jusqu’à la fin de sa vie sa méfiance à l’égard de tout système a priori et refusera de se laisser enfermer dans une construction philosophique, métaphysique, religieuse ou théologique donnée, voulant toujours juger par à-coups en fonction des circonstances ou des intuitions du moment, ses refus, parfois brutaux l’amenant même à rompre avec beaucoup d’amis de sa jeunesse tels Lavater et Jacobi. Sa vie et sa correspondance fourmillent effectivement d’exemples de jugements contradictoires:

 

« Pour ma part, tout au moins, mon jugement varie à tout moment selon ma disposition personnelle [7]  ».

 

Et à Jacobi, le 6 janvier 1813 :

 

« Quant à moi les tendances si multiples de mon être ne me permettent pas de m’en tenir à une vue unique des choses ; comme poète et comme artiste, je suis polythéiste ; je suis panthéiste au contraire comme naturaliste et l’un aussi nettement que l’autre. Si j’ai besoin d’un Dieu pour ma personnalité comme homme moral, j’y ai pourvu également. Les choses du ciel et de la terre sont un si vaste domaine, que les organes de la totalité des êtres seuls suffiraient à les saisir [8] . »

 

Nous pouvons même avancer qu’il y a chez Goethe une méfiance radicale à l’égard de la philosophie (« A bien y regarder, toute philosophie n’est que le sens commun dans une langue amphigourique » écrit-il dans ses Maximes et réflexions [9] ). Goethe fut bien un lecteur assidu des philosophes : de Leibniz dont il aimait le sens des enchaînements et l’horreur des ruptures ; de Kant, dont il a particulièrement apprécié la troisième Critique ; de Spinoza, surtout, dont les intuitions majeures sur la Nature et Dieu recouvraient, selon lui, si exactement les siennes. Mais s’il voulait lui aussi philosopher, c’était précisément hors de tout système philosophique. Il apparaît effectivement, et c’est ce que nous nous efforcerons de souligner dans ce travail, que les idées sur la nature du poète reposent sur un réel sens philosophique, même si ce sens philosophique n’est pas présent à sa conscience sous forme de principes et de concepts explicites.

 

Il faudra donc s’employer à révéler les trames de sa conception exprimées principalement dans ses travaux de naturalistes, et se tourner vers l’essentiel : sa manière d’intégrer chaque fait isolé à l’ensemble de son interprétation de la nature et de l’utiliser pour parvenir à une compréhension du rapport des êtres naturels entre eux et de leur intégration dans la totalité. Dans cette démarche, ce seront les œuvres scientifiques qui nous guideront avec le plus d’évidence. Etrangement, comme cet autre génie de la totalité qu’était Léonard de Vinci, Goethe considérait que son œuvre la plus essentielle consistait en ses travaux scientifiques et plus particulièrement dans son Traité des Couleurs, auquel malgré, ou peut-être plutôt à cause, du succès grandissant que connut la théorie de Newton, il restera attaché jusqu’à la fin de ses jours Goethe ayant dépassé ses quatre-vingt ans entouré de l’admiration du monde entier gardera cette amertume intellectuelle singulière : malgré quelques exceptions, la science officielle n’a jamais accordé à son œuvre scientifique l’importance qu’il lui attachait :

 

« De tout ce que j’ai fait comme poète, je ne tire aucune vanité. J’ai eu pour contemporains de bons poètes, il en a vécu de meilleurs encore avant moi et il en vivra d’autres après. Mais d’avoir été dans mon siècle le seul qui ait vu clair dans cette science difficile des couleurs, je m’en glorifie, et là j’ai conscience d’être supérieur à bien des savants. [10]  »

 

Or nous touchons là à notre troisième point : le discrédit quasi total dont souffrent aujourd’hui ces travaux scientifiques du point de vue de la science moderne. Alors que l’on est depuis fort longtemps convaincu que l’œuvre littéraire de Goethe constitue une base essentielle de la culture allemande [11] , voire plus largement européenne, même ceux qui reconnaissent le plus ses aspirations scientifiques n’y ont guère vu que les pressentiments de vérités qui ont été, au mieux, ultérieurement confirmées par la science, au pire, largement contredites. Si nous assistons manifestement depuis quelques dizaines d’années à un regain de l’intérêt porté à l’œuvre de Goethe considérée dans sa globalité, si le savant et le penseur attirent désormais plus que par le passé (bien qu’encore significativement moins que l’auteur de Werther, de Faust, de Wilheim Meister ou des Affinités électives ), la plupart de ces récentes études ne semble pour l’essentiel trouver dans l’analyse de ces travaux que des éléments complémentaires visant à un enrichissement de la compréhension de sa personnalité et de son œuvre littéraire [12] .

 

Ce que l’on accorde sans hésitation à l’œuvre littéraire de Goethe, à savoir que chaque homme cultivé se doit de la connaître et de se confronter à elle, on paraît le refuser dès qu’il s’agit de ses idées scientifiques. Ainsi que le souligne Henri Bortoft [13] , il est courant de voir les réflexions naturalistes du poète considérées avec condescendance comme la manifestation de l’une de ces faiblesses que l’on suggère propres à tous les grands hommes. On ne saurait admettre qu’il est possible de retirer d’un approfondissement de ses travaux de naturaliste ou de physicien quelque chose que la science n’ait aujourd’hui dépassé. Les considérations scientifiques de Goethe, et en particulier ses observations sur la lumière et la couleur, s’avéraient déjà si originales en leur temps qu’elles suscitèrent souvent incompréhension, dédain et moquerie de la part de ses contemporains [14] , à l’exception de quelques cercles de proches admirateurs et d’artistes peintres. Les années n’y ont rien fait, elles sont demeurées méconnues et ont continué à subir les critiques au cours des deux derniers siècles.

 

Les acquisitions que la science moderne concède aujourd’hui à Goethe pourraient nous apparaître secondaires pour peu que nous cherchions à approfondir l’essentiel, à savoir les conceptions et méthodes sur lesquelles le poète s’est appuyé pour mener à bien ses observations naturalistes. Il semble évident que ces découvertes isolées (découvertes de l’os intermaxillaire, des couleurs physiologiques, etc.) auraient été réalisées aussi sans son intervention, bien que d’une manière certainement très différente. Mais il n’est pas exclu que nous trouvions dans la démarche philosophique de Goethe quelques germes que notre modernité puisse continuer à développer et à enrichir des nouvelles connaissances acquises au cours des deux derniers siècles. Il ne saurait bien entendu être question ici d’opposer simplement science mathématique et science phénoménologique, et de les confronter pour déclarer la prééminence de l’une sur l’autre. J’essaierai plutôt de replacer la conception du poète dans une perspective autant culturelle qu’historique, et de démontrer son actualité et son importance, dans la mesure où elle est pourrait être à même de nous éclairer sur les rapports qu’entretient l’homme d’aujourd’hui avec les sciences, les arts et la nature.

 

Je proposerai un plan en trois grandes parties.

 

Dans la première, je commencerai par formaliser, à la lumière de ses écrits autobiographiques et travaux scientifiques, les concepts qui font l’originalité et l’unité du naturalisme de Goethe. Je rassemblerai les réflexions souvent éparses du poète pour expliquer les trois notions récurrentes qui m’apparaissent fondamentales. Je mettrai en évidence le fait que ces concepts constituent des invariants que l’on retrouve avec une constance étonnante dans les œuvres scientifiques voire parfois littéraires du poète, et j’examinerai comment des notions telles que celles de phénomènes primitifs, de polarité, de métamorphose et d’intensification s’articulent entre elles.

 

Je préciserai ensuite dans une seconde partie, en confrontant les conceptions du poète isolées dans la partie précédentes aux perspectives historiques et culturelles ouvertes par Pierre Hadot dans son essai, Le Voile d’Isis, comment Goethe élabore une philosophie de la connaissance privilégiant l’exercice des sens et de l’intuition, et quelle continuité il suggère entre le champ des sciences naturelles et celui de l’art.

 

Enfin, dans une dernière partie, j’examinerai l’articulation plus large entre science phénoménologique et science mathématique, ou encore, entre science orphique et science prométhéenne [15] . Je chercherai ainsi à identifier la postérité de la pensée goethéenne, notamment dans les champs de la phénoménologie moderne et de la création artistique au XXème siècle, pour mettre finalement en lumière l’importance d’une telle démarche philosophique et artistique à l’ère de la physique mathématique.

 

 

 

 

[1] Goethe, JW, Maximes et réflexions, p.115

[2] Merleau-Ponty, Maurice, L’Oeil et l’Esprit, p. 83

[3] Ancelet-Hustache, Jeanne, Goethe, p. 141

[4] dans la grande édition de Weimar, la Weimarer Ausgabe, 133 tomes, Weimar, 1887-1919

[5] Notamment l’impressionnant volume de ses correspondances, ce qui nous obligera à faire appel à quelques autres spécialistes germanophones de Goethe, tels Jean Lacoste et Ernst Cassirer, afin d’identifier les écrits utiles à notre travail mais non disponibles en langue française.

[6] « Et les Nibelungen sont classiques comme l’est Homère : tous les deux sont sains et forts. Si la plupart des œuvres modernes sont romantiques, ce n’est pas parce qu’elles sont modernes, mais parce qu’elles sont faibles, infirmes et malades ; et si ce qui est antique est classique, ce n’est parce que c’est ancien, mais parce que c’est frais, joyeux et sain. En distinguant, selon ces caractères, le classique et le romantique, nous saurons à quoi nous en tenir. » (cf. Eckermann, Conversations de Goethe avec Eckermann, p. 287-288) L’opposition du classicisme et du romantisme chez le poète s’avère donc bien davantage un classement en fonction de certaines caractéristiques récurrentes, qu’une condamnation catégorique des mouvements artistiques ou philosophiques de la période romantique dans leur ensemble

[7] Lettre à Schiller du 16 mai 1798, in Goethe, JW, Schiller, F, Correspondances 1794-1805, Tome II, p.111

[8] Goethe, JW, Correspondances 1765-1832, p. 202

[9] Goethe, JW, Maximes et réflexions, p. 69

[10] A Eckermann le 19 février 1829, in Eckermann, Conversations de Goethe avec Eckermann, p. 285

[11] Goethe est parfois considéré avec Luther comme l’un des fondateurs de la langue allemande moderne.

[12] Je pense par exemple, pour n’en citer que deux, aux travaux de Didier Hurson et de Marie-Anne Lescourret

[13] Bortoft rappelle ainsi que, de la même façon, lorsque les manuscrits alchimiques d’Isaac Newton, en qui Goethe avait du reste vu le tenant le plus manifeste de cette science mathématique qu’il combattait avec la plus grande verve, furent vendus aux enchères au milieu des années 30, l’économiste britannique John Maynard Keynes déclara après leur lecture qu’il fallait peut-être davantage considérer Newton « non pas comme le pionnier de l’âge de raison » mais comme « le dernier des magiciens ». Si l’on n’ignorait pas purement et simplement ces recherches considérées comme « malheureuses », on essayait de déresponsabiliser Newton en alléguant qu’il faut aussi savoir faire preuve d’indulgence à l’égard des grands de ce monde, tout aussi sujets aux égarements que le commun des mortels. Cf. Bortoft, Henri, La démarche scientifique de Goethe, p. 8

[14] Lacoste, Jean, Goethe, science et philosophie, p. 12

[15] pour employer les termes de Pierre Hadot.

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I. LES TROIS CONCEPTS FONDAMENTAUX DU NATURALISME DE GOETHE


I.1. Phénomènes primitifs: l’unité dans la multiplicité ou la science des premiers principes
I.1.1. Minéralogie : l’Urgestein
I.1.2. Botanique : l’Urpflanze
I.1.3. Ostéologie : L’Urtier
I.1.4. Optique : les couleurs du ciel et du Soleil
I.1.5. Essai d’une définition de la notion d’Urphänomen

I.2. Polarité
I.2.1. Minéralogie : volcanisme et granit primitif
I.2.2. Botanique : contraction et expansion
I.2.3. Optique : ombre et lumière
I.2.4. De la dualité à l’unité, de la polarité à l’intensification

I.3. Métamorphose & intensification
I.3.1. Botanique : la feuille comme Protée, de la graine à la fleur, de la fleur au fruit
I.3.2. Métamorphose des animaux : les insectes, les mammifères, l’Homme
I.3.3. L’intensification des couleurs
I.3.4. Conclusion sur les notions de métamorphose et de finalité : la Steigerung

 

II. DE L’ÉTUDE DE LA NATURE À LA RÉVÉLATION ARTISTIQUE DE L’ESSENCE


II.1. Brève étude des origines de l’approche orphique du monde : les stoïciens, Paracelse, les signatures et les lois d’analogie

II.2. Une « théorie » de la connaissance fondée sur l’appréhension sensible de l’Idée
II.2.1. Le primat des sens
II.2.2. Le refus des théories de la préformation : l’idée est immanente au phénomène
II.2.3. Le refus du non-perceptible : les faits doivent se hisser au niveau de la théorie

II.3. La démarche analytique au service de l’intuition
II.3.1. Goethe et les mathématiques : Le refus de l’analytique comme finalité
II.3.2. La recomposition holistique de l’unité par la conscience intuitive
II.3.3. Les limites de la connaissance

II.4. L’art comme dévoilement de l’essence secrète de la Nature
II.4.1. Les mêmes lois sont à l’œuvre dans l’art et dans la nature
II.4.2. Le style goethéen : l’artiste doit imiter l’essence de la nature
II.4.3. Goethe et Kant

 

III. MISE EN PERSPECTIVE DE LA CONCEPTION GOETHÉENNE À LA LUMIÈRE DE LA PHYSIQUE CONTEMPORAINE


III.1. L’attitude fonctionnelle prométhéenne : le dévoilement des secrets par la technique
III.1.1. L’Antiquité : mécanique et magie
III.1.2. Le Moyen Âge et la Renaissance : science expérimentale et magie naturelle
III.1.3. Les Temps modernes : le triomphe de la physique mathématique
III.1.4. Monde des apparences phénoménales et réalité intelligible des entités mathématiques

III.2. Pertinence et postérité contemporaines de la conception goethéenne
III.2.1. La science mathématique et la dissolution du sens
III.2.2. La postérité phénoménologique de Goethe
III.2.3. La méthode d’observation de Goethe à la lumière de la méthode phénoménologique
III.2.4. La postérité artistique de la Farbenlehre

CONCLUSION

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